CROM des Pays de la Loire

                                                                           Le Billet du Conseiller National

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HPST et REFORME DU FONCTIONNEMENT DE L’ORDRE NATIONAL DES MEDECINS

La loi Hôpital, Patients, Santé et Territoire, publiée durant l’été au Journal Officiel après un long débat public, des débats parlementaires qui ne le furent pas moins et un recours devant le Conseil constitutionnel, va modifier considérablement la « gouvernance du système de santé ». Cette loi comporte, on le sait, la création des Agences Régionales de Santé. Celles ci seront en prise directe avec l’organisation territoriale de l’offre de soins, tant dans le domaine de l’hospitalisation que de la médecine libérale.

Pour s’appliquer la loi va demander dans les 150 décrets : comme souvent, l’élaboration des lois suscite des débats parfois passionnés ou passionnels puis l’attention s’émousse. Ce sont pourtant les textes d’application qui font entrer de plein pied dans les réalités. C’est là que des difficultés d’interprétation et de mise en œuvre surgissent. « Quand le vin est tiré il faut le boire et il y a loin de la coupe aux lèvres ». Il ne faut donc pas baisser la vigilance sur les « détails » de la réglementation, car on sait bien que « le diable est dans les détails » et que le vin tiré peut devenir aigre !

Nous aurons l’occasion d’en reparler point par point puisque, à cet égard, le CNOM sera consulté pour avis sur un très grand nombre des décrets d’application. Il est donc utile d’indiquer dans ce Billet que la loi HPST porte également un article, passé un peu inaperçu mais dont le fond a été proposé au Ministère et aux Parlementaires, par le CNOM.

Cet article est d’application immédiate et va donc entrer dans les réalités ordinales et professionnelles d’ici la fin de l’année. Dans l’apparence, il s’agit du fonctionnement de l’appareil ordinal, ce qui ne suscite généralement qu’intérêt modéré ! C’est une erreur, de mon point de vue. Beaucoup trop de confrères se désintéressent du fonctionnement des appareils qui les représentent. Ils ont tort, car ces appareils - quels qu’ils soient - s’expriment légalement et légitimement en leurs noms puisqu’ils ont été élus démocratiquement par leurs suffrages. En un mot : « Votez donc et faites voter aux élections ».

Il y a deux points principaux dans cette réforme de l’Ordre des médecins :

-    Le renouvellement par moitié des conseils départementaux et régionaux, ainsi que du conseil national tous les trois ans, et non plus par tiers tous les deux ans. Cette disposition vise à donner à la composition des conseils une plus grande représentativité du corps électoral et par conséquent une plus grande connexion avec les réalités de l’évolution des formes d’exercice et de leurs difficultés. Elle provoque également une plus grande stabilité dans les « exécutifs » de ces conseils, ce qui permettra de mieux suivre les dossiers. Accessoirement, sur le plan pratique, elle évitera de mettre en œuvre en permanence des procédures électorales consommatrices de temps administratif et de ressources financières pour les conseils. Ainsi le premier renouvellement par moitié des conseils aura lieu en 2013.

-    Une recomposition du Conseil national par augmentation du nombre de conseillers nationaux et la suppression des membres cooptés. Il s’agit là encore d’une plus grande démocratisation. En effet, au fil du temps, la composition du Conseil national ne reflétait plus assez bien les situations démographiques. Neuf régions, dont celle des Pays de la Loire, disposeront désormais de deux sièges de conseillers nationaux au lieu d’un, ce qui rééquilibre la représentativité par rapport à l’Ile de France, Rhône-Alpes et la France ultramarine. Cela permettra également une plus grande disponibilité – ou, plus exactement une plus grande présence physique - des conseillers nationaux dans la vie ordinale de leurs régions : il était effectivement devenu assez difficile pour un seul Conseiller national de jongler avec son agenda pour être présent à la fois dans l’exercice du métier, en province et à Paris, en essayant de préserver aussi une vie privée !

En pratique cela devrait permettre une action plus efficace près des Administrations centrales et près des ARS et je vous l’assure, « y’a du boulot » ou pour mieux correspondre aux réalités : « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ».

Amitiés à toutes et tous.

Jacques Lucas
Conseiller national de la région des Pays de la Loire
Vice président du Conseil national de l’Ordre
Délégué général aux Systèmes d’Information en Santé
Septembre 2009


Les billets précédents:

Le Livre Blanc du CNOM sur l’informatisation de la santé : Quel DMP ? Pour qui ? Par qui ? Pourquoi ?

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Déontologie et Internet.

Informer le patient est une obligation juridique et déontologique