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CROM des Pays de la Loire
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Historique |

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De
1845 à nos jours :
L'Ordre National des Médecins.
C'est
en 1845, sous le règne de Louis Philippe, lors d'un Congrès médical,
que l'idée de création d'un "Conseil médical départemental" fut
évoquée. Le texte réglementaire fut même voté à la Chambre des Pairs en
1847, mais alors qu'il devait venir devant la Chambre des députés, la
révolution de 1848 écarta Louis Philippe du trône et le projet de son
aboutissement...
L'idée fut reprise en 1885 sous l'appellation de
"Société centrale de déontologie" et, en 1896, le professeur Grasset
rapporte dans la publication de ses Consultations médicales qu' "il est
regrettable qu'il n'existe pas un Conseil de l'Ordre dans notre
corporation. La médecine et les médecins ne seront honorés et estimés à
leur valeur que si les médecins euxmêmes donnent l'exemple de la
considération réciproque et suivent scrupuleusement les règles de haute
convenance que la coutume, à défaut de la loi, impose à la conscience
de chacun".
En 1898, M. Barthou, Ministre de l'Intérieur, dépose
une proposition de loi visant à créer un Conseil de l'Ordre des
médecins. Tout cela resta sans lendemain jusqu'en 1928.
A cette
date, le député socialiste du Nord, Ernest Couteaux, reprend cette
proposition, alors que l'écrivain Paul Bourget écrit dans Le Figaro :
"une seule mesure, parmi celle que l'Etat peut prendre, garantirait la
profession médicale contre tous les abus : la reconnaissance d'un Ordre
des médecins".
Les choses s'accélèrent en 1929. L'idée est exposée
au Conseil des ministres et le 5 mars M. Loucheur, Ministre socialiste
du Travail soumet un projet à la concertation de la Confédération des
syndicats médicaux français qui, le 2 juin 1929, lors de sa 2ème
assemblée générale, "considérant que seule la profession médicale,
obligatoirement organisée, peut être la fidèle gardienne de la moralité
professionnelle, se déclare partisan d'un Ordre des médecins".
Dans
le même temps, l'Académie de médecine demande au gouvernement "que soit
soumise aussi rapidement que possible au vote du Parlement la création
de l'Ordre des médecins qui contribuerait à conserver à la pratique
médicale son caractère de profession libérale [...] et que soit donné
régulièrement un enseignement de déontologie [...] ". Si la
Confédération des syndicats médicaux français rédige en 1930 pour ses
adhérents un "règlement de déontologie médicale", le texte de loi
s'enlise dans ses pérégrinations de 1932 à 1939 entre les Commissions
parlementaires, le Sénat et la Chambre des députés.
La conception
corporatiste de l'organisation de la société et de l'Etat par le régime
de Vichy l'amène à promulguer en 1940 la création d'un Conseil
supérieur de la Médecine et des Conseils départementaux. Les membres en
seront nommés par le Ministre jusqu'en 1942. De ces jours de l'histoire
nationale date le procès récurrent fait à l'Ordre d'être une survivance
du régime de Vichy et de ses orientations.
En réalité, une
Ordonnance du gouvernement provisoire de la République établi à Alger
avait annulé formellement les dispositions de "l'autorité de fait de
Vichy, contraire à la légalité républicaine" et dissout le 27 août 1944
le Conseil supérieur.
L'Ordre national des médecins, dans sa
forme actuelle, sera fondé par l'Ordonnance du général de Gaulle du 24
septembre 1945. Cet Ordre, "chargé de défendre l'honneur et
l'indépendance de la profession" sera composé de médecins élus, dans
les instances départementales, régionales disciplinaires et nationales.
Enfin,
la loi du 4 mars 2002, à laquelle des personnalités de sensibilités
aussi différentes que J.F. Mattei, B. Kouchner et C. Evin ont apporté
leurs contributions, porte principalement sur les droits des malades
mais porte également une réforme de l'organisation de l'Ordre. Elle
établit une distinction complète entre les instances juridictionnelles
et les organes de représentation de la profession, tant au niveau
régional que national.
Ainsi qu'on le voit dans ce rapide survol
historique, le besoin d'un Ordre professionnel a été exprimé par les
médecins eux-mêmes et soutenu par des sensibilités politiques très
diverses.
Le plus grand nombre des médecins aujourd'hui en
exercice, et leurs conseillers ordinaux, n'ont pas connu les errements
de la société civile et politique de 1940 à 1944. L'Ordre d'aujourd'hui
est chargé, par l'Ordonnance de 1945 et la loi du 4 mars 2002, "du
maintien des principes de moralité, de probité, de dévouement et de
compétence indispensables à l'exercice de la médecine". Nous lui avons
également donné pour objectif de représenter le plus activement
possible l'ensemble des médecins devant les pouvoirs publics et les
différentes instances du monde de la santé et comme ligne de conduite
celle d'aider les médecins au service des personnes malades et de la
santé publique.
Qu'il soit fidèle à ces promesses dans le trajet de son histoire et de
son avenir !
Docteur Jacques LUCAS
Conseiller national de la région des Pays de la Loire
Ancien Secrétaire général du Conseil national de l’Ordre
Vice-Président du Conseil national de l’Ordre des Médecins
septembre 2007

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